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L’insoutenable légereté de l’ętre Shuhei


Nous l’avons rencontré pour la premiere fois aux commandes d’un pendulaire Cosmos, lors du rallye des Carpates, organisé par Bruno Picot en 2005. Pour le moins aisé, ce copain japonais s’est retiré des affaires depuis des années. Le garage de sa villa de Tokyo regorge d’une douzaine de voitures de prestige, mais le dernier qui l’a vu sortir sa carte Platinium dans un restaurant, il n’est pas tout jeune. Shuhei mérite notre sympathie pour ses aventures aéronautiques extravagantes. Lorsqu’il n’est pas en train de découvrir un pays exotique en vol, il rend visite a ses camarades pilotes un peu partout dans le monde, qui écoutent jalousement le récit de ses exploits rarement recommandables.

Dans tous les domaines de la vie, Shuhei se fiche des regles de jeu élémentaires avec une nonchalance insolente. Du coup, il se trouve souvent dans le pétrin, mais Dieu sait comment, il s’en tire toujours avec plus ou moins de brio, la sélection naturelle n’arrive pas a avoir raison de lui. Voici quelques-unes de ses histoires...
En 2002, il s’est fait l’Afrique avec son Flyke (chariot tricycle). Pour etre précis, il avait loué un 4x4 avec chauffeur et porteur pour flâner dans des parcs nationaux, et quand l’envie l’a pris, ils se sont arretés, il a déployé sa voile et s’est envoyé en l’air. Le chauffeur le suivait et le récupérait a l’atterrissage, puis ils quittaient rapidement les lieux, faute d’avoir une quelconque autorisation. C’est ainsi qu’il a pu prendre en photo par exemple les Chutes Victoria de 50 metres de haut. Il a aussi trouvé l’astuce pour motoriser un pirogue sur le lac Tanganyika, en utilisant comme propulseur le Hirth F33 du Flyke. Ca marchait du tonnerre, jusqu’a ce qu’il ait tapé dans un hippopotame sortant le nez de l’eau. Chavirement, baignade, mais seul le moteur en a souffert, Shuhei se tordait encore de rire quand le chauffeur l’a retrouvé sur le bord du lac.
En 2005, il est retourné au Kenya avec un paramoteur.
Il essayait de décoller sur une prairie a côté d’un village a plus de 2000 metres d’altitude. Il avait la chance d’avoir une légere brise qui soufflait vers l’une des rares lignes de haute tension du pays, il s’appretait donc a décoller dans l’autre sens. Evidemment, tout le village se pressait pour voir le spectacle, les hommes se chamaillaient pour avoir le droit de tenir la manche a air, les marmots curieux envahissaient meme la voile étendue par terre. Le moteur démarrait difficilement a cause de la chaleur et de la rareté de l’air, Shuhei se démenait pour régler le carburateur, puis le vent a tourné, il a du déplacer sa voile, et ainsi de suite… Apres la cinquieme tentative de décollage, il en avait déja suffisamment marre pour décider d’essayer une ultime fois. Et oh, merveille, la voile s’est gonflée parfaitement et l’a soulevé apres a peine 100 metres de course, il était déja en train de s’installer confortablement dans la sellette quand soudain il s’est senti comme saisi par une main de géant. C’était la ligne de haute tension dont il avait fini par faire completement abstraction, tellement il était occupé par le décollage et les circonstances un peu chaotiques … Un miracle s’est produit: la voile s’est enroulée sur la ligne, puis s’est gentiment déroulée, Shuhei a dégringolé une vingtaine de metres, juste ce qu’il fallait pour que la voile se rouvre, et il a doucement atterri sur les genoux, sain et sauf, avec son matériel intact. D’apres ses dires, trois pensées lui ont traversé l’esprit au moment de s’apercevoir suspendu sur le câble: couper le moteur, sortir de sa sellette, et „qu’est-ce que je vais dire a Georges?”. Electrisé comme il était non par la haute tension, mais par une bouffée d’adrénaline, il a immédiatement étendu sa voile, redémarré le moteur et décollé, sans réfléchir. Comme il dit, c’était les deux plus belles heures de vol de sa vie. Quand le soir les villageois l’ont questionné sur son numéro, il a répondu sans ciller d’avoir fait ce spectacle tout a fait ordinaire volontairement, pour amuser le peuple. Apres un petit millier d’heures d’avion dont un Beech bimoteur, 800 sur Bell Jet Ranger, R 44 et CH-7 Compress, il n’a pas pu s’empecher de s’acheter un autogire MT 03 en 2006. Son premier voyage avec consistait a voler de Hannovre a Dijon Darois, pour montrer le nouveau joujou a son ami, Renaud Guy. La-bas, son atterrissage effectué a grande vitesse et avec le vent de travers nous a valu son coup de fil, demandant d’organiser le rapatriement de sa machine en Allemagne. Quel moyen de transport? Un tout petit fourgon fera l’affaire, a répondu Shuhei, un peu nerveux, mais avec le rire. Effectivement, les restes de l’autogire ne dépassaient aucunement les dimensions intérieures d’une Citroen Jumpy… Le MT 03 a été réparé, et depuis Shuhei s’est bien fait la main dessus. En 2007, il a fait l’aller-retour au Maroque, puis est allé voir le salon AERO a Friedrichshafen. De la, retour a Dijon, et pourquoi pas en survolant le Mont Blanc et presqu’en atterrissant sur le sommet du Matterhorn, le tout sans oxygene, bien sur. Pour lui, il n’existe pas d’espace aérien interdit ou restreint. Comme il l’a l’habitude de dire: je sais, c’est interdit, mais juste une fois… Chez lui, la navigation est l’affaire d’un seul GPS, bien que celui-ci soit un modele professionnel. Apres une tournée au printemps en Afrique du Sud en autogire, cette année il s’est acheté un Sport Cruiser a Chip Erwin, ou, plus formellement, au fabricant sous licence des Zenair et d’autres STOL a la Chris Heintz, le CZAW de Kunovice. Comme presque tous les fabricants d’ULM, ces derniers temps Chip Erwin doit affronter d’énormes difficultés, aux prises non seulement avec la conjoncture, mais aussi avec ses associés de moeurs douteuses. J’étais donc pas mal surpris quand Shuhei m’a raconté d’avoir laissé 50.000 dollars chez Chip en échange d’une promesse de recevoir son Sport Cruiser dans six semaines. Mais comme il m’a expliqué, le Sport Cruiser n’avait pas moins de mérites que tous les autres ULM qu’il avait essayés dans les années passées, et de plus, Chip était son meilleur ami parmi tous les fabricants de trois axes, et on ne laisse pas tomber un ami… Ce dernier argument a fait grandir Shuhei dans nos yeux. Chip a bien livré la machine en Floride (pour des raisons administratives) dans le délai promis, d’ou elle est rentrée en Europe en vol, avec Shuhei au bord… Il est vrai qu’un jeune homme nommé Charles Lindhberg s’est déja laissé tenter par cette petite plaisenterie il y a 81 ans, et de plus, sans escale, mais c’était a l’époque ou il y avait encore de vrais héros. Aujourd’hui, il est toujours possible d’en rencontrer, mais ils sont plutôt consciencieusement brelés dans leurs fauteils (meme pas munis de catapultes double zéro), empoignant d’une main de fer non pas la manche, mais la télécommande, poussant l’audace jusqu’a subir les spots publicitaires et défiant le cruel destin d’etre a court de cacahuetes. Nous ignorons le nombre exact des pilotes qui, de leur propre gré, se sont retrouvés seuls au-dessus de l’Atlantique Nord aux commandes d’un aéronef de catégorie UL ou LSA, mais nous pensons pouvoir les compter sur les doigts. Il y a quand meme un petit hic quant au classement du Sport Cruiser, parce qu’un réservoir supplémentaire de 80 litres avait occupé la place du passager, en dehors des 2x57 litres de carburant contenus dans les ailes. De cette maniere, Shuhei avait a sa disposition 190 litres (+ réserve) de carburant, correspondant a environ 10 heures d’autonomie a la vitesse de croisiere idéale, mais du coup, pour des raisons de PTV, le fuselage de son coucou portait la mention „Experimental”. En ce qui concerne l’assurance, Shuhei s’en a simplement passé avec sa négligeance habituelle… Voler de Floride a Goose Bay n’a pas été une grande affaire, bien qu’en connaissant les habitudes de Shuhei concernant les plans de vol et la radiophonie, nous estimons que la surveillance de l’espace aérien des US laisse a désirer, car aucun F 15 n’a reçu d’ordre de tir. A Goose Bay, Shuhei a du attendre deux jours pour une météo favorable avant de pouvoir s’envoler vers le Groenland. Il a fait 1230 kilometres jusqu’a l’aéroport de Narsarsuaq en a peine six heures, en parfait VFR on top, la partie la plus agréable de son trajet, avec un vent laminaire de 30 noeuds dans le dos et de la musique douce dans son headset. Il a avoué de meme pas avoir enfilé son équipement de sauvetage obligatoire, car il effectuait ce vol pour le plaisir, et non pas pour transpirer. Le lendemain, il s’est permis comme repos une séance de photos au-dessus des glaciers pour voir de ses propres yeux les effets de l’échauffement global. Il aurait mieux fait de continuer jusqu’a l’Islande, parce que le jour d’apres il a été contraint de faire demi-tour apres quatre heures de vol, en partie a cause du vent de face de 50 noeuds, mais aussi pour des problemes de pression de carburant. Voici son récit de cette étape: „Il y a eu des moments ou le badin indiquait 100 noeuds, et le GPS 40. Psychologiquement, il est assez dur de digérer le fait que la vitesse du vent de face est supérieure a la nôtre… La quatrieme heure passée, j’ai vu l’aiguille de la pression du carburant sombrer fatalement dans la zone rouge. Rien a faire, le démarrage de la pompe de secours n’a eu aucun effet, j’ai donc préparé le canot de sauvetage, la balise de détresse, emballé dans du film impénétrable les téléphones et les autres gadgets, et commencé a m’accoutumer a l’idée de la plongée dans de l’eau glacée. Dans cet état, j’ai continué a voler pendant une heure et demie, puis trois heures sur le retour”. Comme il l’a découvert plus tard, ce n’était pas un défaut de la pompe, mais juste un probleme d’instrument... Le lendemain, Shuhei a de nouveau tenté sa chance de voler jusqu’a Reykjavík, mais avec le vent de face, il n’a atteint apres 632 kilometres que l’aéroport de Kulusuk, sur la côte est du Groenland. Le 1er aout, avec seulement 20 noeuds de vent de face il a enfin arrivé a la capitale de l’Islande. Cette étape de 760 km s’est déroulée sans événements particuliers. D’ici, il a continué jusqu’a Floro en Norvege, avec un arret pour refaire le plein a l’aéroport de Vagar sur les îles Faroe. Sur ces deux étapes le vent était également fort, le plafond bas et la mauvaise visi ont encore bien rehaussé son niveau d’adrénaline. A deux reprises, il a du attendre dans l’air que les conditions IMC lui permettent de continuer son vol. La distance franchie était de 1400 km, sous la pluie, dans des turbulences, et de plus, sans musique, parce que les piles de son walkman avaient rendu l’âme. Au total, il a fait plus de 4000 km, en „mode VFR a la Shuhei”, soit : navigation seulement a l’aide de ses deux GPS, au-dessus de la mer, ou de la couche nuageuse, voir meme dedans. Surtout, a ne pas imiter! Arrivé en Norvege le 8 aout, il a constaté avec soulagement que meme s’il doit faire une baignade par la suite, la température de l’eau sera moins cruelle. Il a remercié tous ses amis qui se préoccupaient de son sort pendant le voyage. Apres avoir essayé un autogire hydro en Suede, il ne lui restait que passer a Kunovice chez Chip, avant de venir nous raconter son exploit. Apres sa visite en Hongrie, direction la Croatie, puis la France, en passant par l’Italie et les Alpes, avant de s’envoler avec United Airlines vers les Etats-Unis le 11 septembre ... car les prix des billets d’avions sont imbattables a cette date-la. Il faut bien souligner: nous ne voulons inciter personne a s’essayer a de pareilles aventures. Nous, les „prolétaires” du vol devons nous contenter de le critiquer … avec un peu de jalousie quand meme!

Texte: Georges Szabó
Photos: Shuhei Seki
Specifications
Wing span8,78 m
Lenght6,49 m
Wing area13,2 m2
Wing loading45,6 kg/m2
Empty weight330 kg
Gross weight600 kg
Useful load270 kg
Cabin width118 cm
Fuel capacity2x57 liter
Luggage space 300 dm2
"G" limit load factor+4 / –2 G
Performance
Take-off (grass)110 m
Climb rate6 m/s
Stall speed with flaps 55 km/h
Stall speed w/o flaps 61 km/h
Cruise speed
(75% power – true airspeed)
201 km/h
Never exceed speed (VNE) 243 km/h
Range
(75% power)
1200 km
Endurance (no reserve) 6 hours
Landing ground roll ( grass )122 m


 
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